INDEMNITE DE PRECARITE EN CAS DE REQUALIFICATION CDD – CDI
Dans un arrêt du 24 septembre 2025 (Cass. Soc. 24 septembre 2025, n°24-15.812), la Cour de cassation a rappelé que même si un CDD est requalifié en CDI, l’indemnité de précarité reste due au salarié. Pour rappel, l’indemnité de précarité, égale à 10 % de la rémunération totale brute, couvrant le CDD, est versée à la fin d’un CDD pour compenser la précarité de la situation du salarié. Même si le contrat est ensuite requalifié en CDI, cette indemnité, déjà perçue, ne doit pas être restituée. Ainsi, la Cour de cassation a rappelé que cette indemnité est liée à l’exécution…
ACCIDENT DE TRAJET N’OUVRE PAS DROIT AUX INDEMNITES D’ACCIDENT DU TRAVAIL
Dans un arrêt du 24 septembre 2025 (Cass. Soc. 24 septembre 2025, n°24-16.960), la Cour de cassation a confirmé une jurisprudence constante, à savoir qu’une inaptitude résultant d’un accident de travail ne donne pas droit aux indemnités spécifiques accordées aux victimes d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle (pas d’indemnité spéciale, pas d’indemnité compensatrice de préavis). De même, durant la suspension du contrat résultant d’un accident du trajet, le salarié ne bénéficie pas de la protection contre le licenciement réservée aux victimes d’un accident du travail (article L 1126-9 du Code du Travail), dispositions qui prévoient que seule une…
PORTEE DU CHOIX DE LA LOI APPLICABLE AU CONTRAT DE TRAVAIL
Dans un arrêt du 5 novembre 2025 (Cass. Soc. 5 novembre 2025, n°23-10.637), la Cour de cassation a jugé que l’employeur ne peut invoquer les dispositions impératives du règlement CE n°883-2004 du Parlement Européen et du Conseil du 29 avril 2024 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale qui s’imposent uniquement en matière de sécurité sociale pour échapper au choix express et non équivoque des parties au contrat de travail de choisir l’application de la loi Française pour les conditions et résiliation du contrat de travail.
PORTEE DE L’EXCLUSION D’UNE CERTAINE CATEGORIE DE SALARIES DE MESURES DECOULANT D’UN ACCORD D’ENTREPRISE
Dans un arrêt du 5 novembre 2025 (Cass. Soc. 5 novembre 2025, n°24-11.723), la Cour de cassation a rappelé qu’en application du principe d’égalité de traitement, si des mesures peuvent être réservées à certains salariés, c’est à la condition que tout se plaçait dans une situation identique, au regard de l’avantage en cause, et la possibilité d’en bénéficier, à moins que la différence de traitement soit justifiée par des raisons objectives et pertinentes et que les règles déterminant les conditions d’éligibilité à la mesure soient préalablement définies et contrôlables. En vertu de ce principe, la Cour de cassation a cassé…
NON-RESPECT DE L’OBLIGATION DE SECURITE – FAUTE DISCIPLINAIRE DU SALARIE
Dans un arrêt du 5 novembre 2025 (Cass. Soc. 5 novembre 2025, n°24-11.048), la Cour de cassation a rappelé qu’en vertu de l’article L 4122-1 du Code du Travail, tout salarié doit prendre soin de la santé et de la sécurité de ses collègues et autres personnes se trouvant en sa présence sur son lieu de travail, en fonction de sa formation et de ses possibilités. En vertu de ce principe, la Cour de cassation a approuvé un arrêt de Cour d’appel qui, après avoir constaté que le salarié, alors qu’il occupait les fonctions de directeur commercial, avait tenu à…
DELAI DE REPORT DES CONGES COINCIDANT AVEC UNE PERIODE DE TRAVAIL
Dans un arrêt du 13 novembre 2025 (Cass. Soc. 13 novembre 2025, n°24-14.084), la Cour de cassation a jugé que lorsque le délai de report des congés payés coïncidait avec une période de travail, l’employeur ne peut invoquer l’extinction des droits à congés payés au terme de ce délai qu’à la condition de justifier avoir accompli, en temps utile, les diligences qui lui incombent légalement afin d’assurer au salarié la possibilité d’exercer effectivement son droit à congés. Il s’agit là d’un rappel du principe que le salarié n’a pas droit au report des congés payés acquis sur la période sauf…
L’OBLIGATION DE DECOMPTER LA DUREE DE TRAVAIL
Dans un arrêt du 13 novembre 2025 (Cass. Soc. 13 novembre 2025, n°23-19.055), la Cour de cassation a rappelé que lorsque le salarié n’est pas soumis à l’horaire collectif, l’employeur doit procéder à un décompte de la durée de travail dans les conditions de l’article D 3171-8 du Code du Travail, à savoir la mise en place d’outils de suivi des horaires réalisés par le salarié. On rappellera que ces outils sont classiquement le pointage ou des documentsauto- déclaratifs faisant apparaitre les horaires exacts de la durée de travail, ainsi que les pauses. On rappellera que faute de décompte réalisé…
TELETRAVAIL : L’EMPLOYEUR PEUT-IL IMPOSER AU SALARIE UNE VISITE DE SON DOMICILE ?
Dans un arrêt du 13 novembre 2025 (Cass. Soc. 13 novembre 2025, n°24-14.322), la Cour de cassation a jugé, d’une part, que l’usage fait par le salarié de son domicile relève de sa vie privée et il est en droit d’en refuser l’accès à son employeur et, d’autre part, que tenu de prendre en compte les avis, les indications ou propositions émises par le médecin du travail, l’employeur qui n’a pas exercé de recours contre l’avis d’inaptitude ne peut refuser la mise en place d’un télétravail préconisé par le médecin du travail, au titre d’un aménagement du poste au seul…
FREQUENCE DES REPOS HEBDOMADAIRES
Dans un arrêt du 13 novembre 2025 (Cass. Soc. 13 novembre 2025, n°24-10.733), la Cour de cassation a précisé la portée des dispositions de l’article L 3132-1 du Code du Travail et la fréquence des repos obligatoires par semaine civile. Ainsi, la Cour de cassation a jugé qu’il résulte de l’article L 3132-1 du Code du Travail que toute semaine civile comportait un repos de 24 heures consécutives auxquelles s’ajoutent les heures consécutives du repos quotidien, soit en tout (35 heures) sans exiger que cette période minimale de repos hebdomadaire soit accordée au plus tard le jour qui suit une…
ARTICULATION ENTRE LA DATE DE DESIGNATION D’UN NOUVEAU DELEGUE SYNDICAL ET DEMISSION DU DELEGUE SYNDICAL DESIGNE EN VERTU DES DISPOSITIONS DE L’ARTICLE L 2143-3 DU CODE DU TRAVAIL
Dans un arrêt du 19 novembre 2025 (Cass. Soc. 19 novembre 2025, n°24-17.356), la Cour de cassation a jugé qu’un salarié ne peut par avance renoncer au droit d’être désigné délégué syndical, qu’il tient des dispositions de droit public de l’article L 2143-3 du Code du Travail lorsqu’il a obtenu un score électoral d’au moins 10 %. La Cour de cassation a donc cassé un arrêt de Cour d’appel qui avait rejeté la demande d’annulation de la désignation par un syndicat, de salariés adhérents de celui-ci en qualité de délégué syndical en remplacement de candidats élus précédemment désignés en cette…
MANDAT SOCIAL ET ELIGIBILITE A UN MANDAT DE DELEGUE SYNDICAL CENTRAL
Dans un arrêt du 19 novembre 2025 (Cass. Soc. 19 novembre 2025, n°24-16.430), la Cour de cassation a jugé que le gérant d’une Société A Responsabilité Limitée faisant partie d’une unité économique et sociale, titulaire par ailleurs pour des fonctions techniques d’un contrat de travail, fût-il conclu avec une autre société appartenant à la même unité économique et sociale, ne remplit pas les conditions d’éligibilité requises pour exercer un mandat de délégué syndical central au sein de cette unité économique et sociale en raison du mandat social lui conférant la qualité de chef d’entreprise incluse dans cette unité économique et sociale.…
ARTICULATION DES PRESCRIPTIONS CONTENTIEUX POLE SOCIAL / CONTENTIEUX PRUD’HOMAL
Dans un arrêt du 26 novembre 2025 (Cass. Soc. 26 novembre 2025, n°24-19.023), la Cour de cassation a jugé qu’il résulte de l’article 2241 du Code Civil que si, en principe, l’interruption de la prescription ne peut s’étendre d’une action à l’autre, il en est autrement lorsque les deux actions tendent à un seul et même but, de sorte que la seconde est virtuellement comprise dans la première. Rappelant ce principe, la Cour de cassation a jugé, fort justement un autre sens, que l’action en reconnaissance d’une maladie professionnelle engagée par un salarié devant la juridiction de sécurité sociale, qui tend…

